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— POUR UNE PSYCHANALYSE POLITIQUE
La question de la cruauté
E.N.S. – 45, rue d’Ulm – Paris 5e
2006 : les jeudis 26 octobre, 9 et 23 novembre, 7 décembre
2007 : les jeudis 25 janvier, 8 février
21 h à 23 h
Salle CELAN : près salle Beckett ; SCHÉMA D’ACCÈS AUX SALLES ENS ¦ BECKETT ET CAVAILLÈS
– Le Pr Charles ALUNNI était l’invité de la séance du jeudi 25 janvier 2007.
Il nous a parlé de « Traductions. Un universel singulier »
– Amy COHEN était l’invitée de la séance du jeudi 8 février 2007.
Elle nous a parlé de « L’auto-immunité, en biologie , en philosophie, en psychanalyse ».
Plutôt que de baliser à nouveau la question, pour la psychanalyse, du champ politique, nous pouvons y entrer par la porte énigmatique de la cruauté, d’un côté pour son lien radical à la pulsion de pouvoir et donc à la notion même du pouvoir, et de l’autre pour son statut d’objet de « prédilection » ou de tropisme distinctif de la psychanalyse.
D’une part, le système de la cruauté semble bien appartenir à la structure même du politique, inextricable éthico-politique, au cœur du mouvement de la civilisation, concentrant le pouvoir législatif et exécutif, idéologico-religieux, sur une communauté qu’il est censé représenter, en usant de tout l’ascendant du surmoi culturel.
D’autre part les cruautés repérables, historiques ou historiales, passées ou à venir, se nourrissent à la source inventive de la cruauté psychique, celle qui d’abord ne fait pas de bruit. Or la cruauté psychique constitue une sorte de raison d’être de la psychanalyse, fond et horizon de son action. Certes, le concept en reste confus, même dans le discours analytique, où elle forme un point d’auto-résistance, d’autant plus crucial que nous transmettons nous aussi le cruel si nous résistons à l’analyser ou à le reconnaître comme mutant.
Sous couvert d’une question locale, avec le cruel psychique s’ouvre donc une voie d’accès non négligeable au caractère éminemment politique de la praxis analytique, inséparable de la remise en question éthique qu’elle implique en son principe. Et tracer ce vecteur de psychanalyse politique n’est donc pas un exercice de psychanalyse appliquée, ni seulement un passage à son extension : plutôt un regard sur les conditions de possibilité de l’expérience analytique, et de la mise au jour d’une éthique qui inclue sa propre archéologie.
En saisissant le mot de « cruauté » et ses attenances, en déterminant ses sens et son concept encore obscurs, le rôle de la chose, son histoire, la part que nous y prenons, en explorant sa fonction d’ambocepteur entre psychanalyse et politique, la pensée analytique de cet objet de savoir, de cet enjeu d’action, s’avère ce qu’elle est : résolument politique, et rejoint, avec son rôle différentiel, son impulsion initiale de subversion par mise en crise : « Acheronta movebo », j’ébranlerai l’Enfer, les enfers.
Bibliographie
• Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
• Sigmund Freud, Correspondance avec Einstein
• Jacques Lacan, Séminaire sur La Logique du fantasme
• Jacques Derrida, États d’âme de la psychanalyse
• René Major, La Démocratie en Cruauté
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