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— LES CARACTÈRES IMPOSSIBLES OU LA DÉCONSTRUCTION DE L’ETHOS
E.N.S. – 45 ET 46, rue d’Ulm – Paris 5e
2009 : le vendredi 11 décembre Salle CAVAILLÈS : 45 rue d’Ulm
2010 : les vendredis
15 janvier Salle CAVAILLÈS : 45 rue d’Ulm,
12 février Salle CAVAILLÈS : 45 rue d’Ulm,
12 mars Salle “CONFÉRENCE” : 46 rue d’Ulm,
9 avril
21h à 23h — SCHÉMA D’ACCÈS AUX SALLES ENS
L’on assiste au séminaire sans inscription ni frais.
Les rapports de psychiatrie fourmillent, en particulier au XIXe siècle, de caractères impossibles, intraitables ou insupportables, mais on pourrait penser que ceux-ci sont voués à disparaître en même temps que la possibilité même d’aborder le sujet en termes de caractère, de marques et de typologie. Nous aimerions d’abord revenir sans trop tarder sur ce qui rend toute caractérologie impossible : l’histoire scientifique récente de la psychiatrie bien sûr ; mais aussi l’interdiction, clairement formulée par Heidegger, de traduire l’ethos grec, ce style d’être ou de se tenir dans le monde, par le mot même de « caractère », lequel entraîne avec lui toute la métaphysique du langage et du sujet et toute la psychologie empirique ; la différence posée par Lacan entre l’éthique de la psychanalyse et l’éthique philosophique, avec en sous-main sa critique de la réflexion freudienne sur la formation des caractères ; l’inscription, dans un article fondamental de Roland Barthes, des Caractères de La Bruyère dans une clôture classique de la représentation que la littérature contemporaine aurait pour tâche de faire éclater.
À chaque fois, nous verrons que la « destruction » du caractère au bénéfice de l’ethos n’achève pas la tâche de la déconstruction, qui tout aussi bien accomplit le trajet inverse. Nous constaterons que la différence entre ces deux termes, ethos et caractère, est à la fois abyssale et introuvable. Nous en déduirons que le caractère se situe en bordure ou à la limite de l’ethos, et sous la figure, ou les figures (sans vraie figure, et pour cette raison même multiple) des caractères impossibles. Le caractère retrouve ainsi la valeur de résistance très particulière que Freud lui avait assignée. Mais tout aussi bien (et Freud n’avait pas manqué ce paradoxe) il retrouve sa valeur de désistance : le caractère est impossible, parce que sa force insupportable est en même temps une capacité d’effacement, qui mène jusqu’à l’absence de caractère ou de qualités. Nous nous demanderons si l’accord se refait à ce stade entre le caractère freudien et la désistance du sujet lacanien. À l’arrière-plan, mais toujours prêts à ressurgir : Derrida, Lacoue-Labarthe, Jean-Luc Nancy, R. Major, mais aussi Foucault, abordé à partir de son séminaire sur les anormaux, où il est question des « incorrigibles ». À l’horizon : la place du caractère impossible dans la littérature (caractère contradictoire, caractère « sans tenue » et « sans contenu » du romantisme, caractère tragique et monstrueux au sens de Hölderlin, personnages sans caractère chez Goethe, Musil, etc., caractère destructeur chez Benjamin).
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DU RÊVE ENTRE DEUX LANGUES
Jérôme Lèbre reçoit JEAN-PIERRE LEFEBVRE, traducteur, le VENDREDI 15 JANVIER 2010 à 20h30 à l’ENS, 45 rue d’Ulm, Paris : Présentation de la nouvelle traduction de la Traumdeutung de Freud, L’Interprétation du rêve, éditions du Seuil, janvier 2010 — Salle CAVAILLÈS
Fiche Éditeur
— « L’Interprétation du rêve : un livre d’auteur, apparemment lisse, articulé, systématique, linéaire, aujourd’hui encore identifié à ce que Stefan Zweig appelait une “heure étoilée de l’humanité”, à une création géniale, mais qui se présente aussi comme un défi déroutant à l’édition scientifique tant il est le produit d’un atelier bourdonnant de lectures, de batailles, de reprises, de contacts avec les patients, de rapports plus ou moins allusifs avec un public. Paradoxe quasi onirique, objectivement inévitable, dont l’écriture est un acteur essentiel. Métaphore, aussi, de ce que la traduction affronte. » — J.-P. L.
— « Notre séminaire vient de se demander ce qu’il y a d’irréductible dans la langue, à propos du terme « ethos » et de son interprétation par Heidegger. Jean-Pierre Lefebvre, traducteur exceptionnel de Hegel ou de Celan, et maintenant de Freud, est bien placé pour répondre à cette question. Il pourra nous présenter sa toute nouvelle traduction de L’Interprétation du rêve pendant une séance entière, alors même que nous faisons route vers Freud et ce qui résiste dans le « caractère » freudien. » — J.L.
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