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— LE TRAVAIL DE MÉLANCOLIE III
Tours — L’inscription au séminaire se fait au secrétariat
de la Société psychanalytique de Tours au 06 32 96 47 66
ou en téléphonant à Francis Capron au 02 47 66 90 73.
2010 : Le séminaire aura lieu une fois par mois de janvier à juin 2010.
Les dates seront à consulter sur le site de la Société Psychanalytique de Tours,
www.lasocietepsychanalytiquedetours.net
Au cours de notre travail des deux années passées, nous n’avons cessé d’interroger les fondements des théories du deuil et de la mélancolie chez Freud principalement au travers du texte Deuil et mélancolie.
Cette lecture fut enrichie par le questionnement de Jacques Derrida qui dans plusieurs textes ne cesse d’interroger voire de contester la prétendue normalité du deuil inscrite dans la théorie freudienne. Selon Derrida si le deuil consiste à porter l’autre en soi pour lui être fidèle, une certaine mélancolie doit protester encore contre le deuil normal pour ne jamais se résigner à l’introjection idéalisante. Garder l’autre en soi, au-dedans de soi, comme soi, c’est déjà l’oublier, affirme-t-il. Il faudrait donc la mélancolie.
Cette nécessité spectrale d’une mélancolie esthétise ici ce qui par ailleurs est décrit comme un processus pathologique. Nous avons vu qu’elle nous renvoie inévitablement aux questions concernant l’objet.
Pour pouvoir penser le deuil encore faut-il savoir comment se constitue l’objet. Nous avons étudié l’évolution de cette conception de l’objet dans la théorie analytique à partir des textes freudiens puis de ceux de Lacan et principalement celui du séminaire Le désir et son interprétation. L’objet ne pouvant d’abord se constituer en dehors de la constellation œdipienne sera peu à peu pensé au travers de l’hallucination chez Freud et du fantasme chez Lacan. L’objet serait donc spectral et il nous faudrait apprendre à vivre sans et avec, sans sa certitude et avec son absence, avec sa présence qui ne se concrétise au fond que de son absence. L’absence de l’objet serait une des conditions de sa constitution et notre question serait alors de savoir comment une absence peut-elle témoigner dans le même temps d’une si forte présence ? Question spectrale qui concerne l’objet, l’objet manquant, l’objet perdu, question qui convoque tout autrement les problèmes se rassemblant autour du deuil et de la mélancolie.
Lacan dans sa lecture d’Hamlet aura tenté de donner une nouvelle conception du deuil — celle d’une fonction — en y introduisant cette dimension spectrale de l’objet. L’objet de désir, dans le personnage d’Hamlet, ne viendrait pas souligner une empreinte qui en justifierait la présence, mais délimiter une absence qui, en ayant perdu sa valeur figurative, sa représentation, témoignerait de son écriture. Ainsi l’objet s’imposerait-il comme nécessairement spectral venant ainsi éclairer différemment les assertions freudiennes quant à « l’objet perdu ».
Ainsi pourrions-nous tenter de comprendre la nécessité presque structurale d’une certaine « spectralité » chez Derrida qui semble guider son écriture surtout lorsqu’il nous parle de la mélancolie.
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