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— LE TRAVAIL DE MÉLANCOLIE
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2008 : les 26 janvier, 29 mars, 10 mai, 14 juin
9 h 30 à 12 h et 14 h 30 à 17 h
Nous employons ici le terme de « travail » au sens du travail psychique, notion spécifique et centrale de la clinique psychanalytique auquel chaque patient se confronte dans ses élaborations et qui se différencie suivant ses différentes formes d’expression dans le transfert.
L’expression « travail de mélancolie » est employée explicitement par Freud dans sa comparaison au « travail du deuil » dans sa tentative de définir le travail psychique de la mélancolie pour comprendre celui qui aboutit aux symptômes maniaques (Deuil et Mélancolie, OE, volume XIII, PUF, p. 277). Mais, bien avant ce passage, Freud semble qualifier ce « travail » sans le nommer véritablement. Ce « travail intérieur » (p. 264) semble être alors une énigme bien que comparable à bien des endroits à celui du deuil : « … Nous nous trouvons alors il est vrai devant une contradiction qui nous pose une énigme difficile à résoudre. D’après l’analogie avec le deuil, il nous fallait conclure qu’il (le sujet mélancolique) avait subi une perte quant à l’objet ; ce qui ressort de ses dires, c’est une perte quant à son moi… ».
La question topique semble donc clairement se poser dans l’après-coup de celle plus économique qui étudierait ses rapports avec la manie. « Il est tentant de chercher, à partir de nos conjectures sur le deuil, une voie qui mène à une présentation du travail mélancolique. D’emblée, une incertitude nous barre la voie. Nous n’avons guère tenu compte jusqu’ici du point de vue topique dans la mélancolie et nous n’avons pas soulevé la question de savoir dans et entre quels systèmes psychiques s’effectue le travail de la mélancolie.… » (p. 275).
Enfin bien que décrivant la question topique, Freud nous expose aussi la dynamique de ce « travail » qui se caractérise par un conflit, une ambivalence, un combat interne et singulier dans lequel « haine et amour luttent l’un contre l’autre, la haine pour détacher la libido de l’objet, l’amour pour maintenir cette position de la libido contre l’assaut… » (p. 276).
Notre étude portera donc sur les caractéristiques du travail de mélancolie telles qu’elles se manifestent dans le transfert suivant les points de vue économique, dynamique et topique. Nous verrons que la question que pose « l’affection mélancolique », comparée qu’elle est inlassablement par Freud à celle du deuil, concerne la question centrale de l’objet et de la difficulté, voire quelquefois de l’impossibilité de s’en détacher ou de le perdre, « sein-non-perdu-par-la-mère », objet comblant, merveilleusement mortifère. Elle sous-tend, par ce biais, par cet angle d’approche cette autre question, peut-être encore plus complexe, celle de la constitution de l’objet en tant que tel et de son investissement narcissique. Nous verrons en quoi le travail de mélancolie a à voir avec l’économie du masochisme et une dynamique toute particulière de l’identification.
Notre grille de commentaires et de travail sera tout au début essentiellement freudienne, mais peu à peu nous n’oublierons nullement de l’enrichir par la pensée de Lacan et par les travaux de ceux qui, proches de son mode de lecture, sont venus enrichir cette question. Nous compléterons également nos travaux par d’autres exposés qui, comme le nôtre, et comme à chaque fois que la psychanalyse peut le faire, ont présenté l’étude des cas de mélancolie de ceux qui dans la philosophie, la littérature ou dans le domaine artistique sont venus en témoigner, afin de laisser largement ouverte une question qui draine les principaux repères épistémologiques de la psychanalyse.
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