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Psychanalyse / Philologie-Linguistique 2008-2009 | Séminaire "La question de l’énonciation aujourd’hui (II)"

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François SAUVAGNAT — 2008-2009

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— LA QUESTION DE L’ÉNONCIATION AUJOURD’HUI (II)
Séminaire partagé avec Izabel VILELA : LE LANGAGE À L’ÉPREUVE DE L’INCONSCIENT (II)

E.N.S. – 45, rue d’Ulm – Paris 5e

2009 : les mardis 20 janvier, 17 février, 17 mars et 19 mai

20 h 30 à 22 h 30 — Salle CELANSCHÉMA D’ACCÈS AUX SALLES ENS
L’on assiste au séminaire sans inscription ni frais.

Après avoir exploré les principaux jalons de la notion d’énonciation dans l’œuvre de J. Lacan et tenté une géographie de son extension, nous nous intéresserons cette année aux différentes controverses liées à cette notion, qui est nous semble-t-il au cœur des interactions entre psychanalyse et linguistique. La tension qui s’est maintenue entre les visées de ces deux domaines, les différences d’objets, ont été particulièrement fructueuses pour ces échanges, qui gardent encore aujourd’hui un dynamisme inentamé. On peut distinguer du côté linguistique au moins sept théories distinctes de l’énonciation au sens benvenistien du terme ; chez Lacan, au moins six versions différentes de la notion d’énonciation ont été soutenues, même si toutes s’appuient sur la question des rapports entre phénomènes élémentaires psychotiques et signifiants ; d’importants débats ont actuellement lieu sur cette dernière question. En outre est apparue, dans le courant de la psychologie du moi une conception proche des présupposés piagétiens (Danon-Boileau). Ces recherches se sont développées dans un environnement très marqué par l’influence de la philosophie analytique faisant fond sur la distinction performatif/constatif, à un point tel que la notion d’énonciation est encore souvent confondue avec la « pragmatique ».

Nous nous intéresserons cette année aux questions suivantes :
•  1) Dans quelle mesure le premier Lacan reste-t-il tributaire des conceptions des premiers saussuriens comme Delacroix et Bally lorsqu’il essaie de rendre compte de l’« inspiration » dans les écrits psychotiques (travaux des années 1930), et comment se réalise la rupture par laquelle le sujet se définit non plus contre mais par une énonciation qui largement lui échappe.
•  2) La complexité des liens entre J. Lacan et E. Pichon mérite un examen attentif tant les références à Pichon sont constantes (jusque dans les commentaires sur Joyce en 1976) et centrales (le stade du miroir, graphe du désir en sont fortement marqués, tout autant que des points qui peuvent semble plus accessoires, comme la critique pichonienne de Piaget).
•  3) La façon dont J. Lacan fait travailler les notions développées par des linguistes les unes contre les autres est particulièrement frappante, comme par exemple la « personne ténue » de Damourette et Pichon confrontée à la notion de shifter proposée par R. Jakobson dans Subversion du sujet et dialectique du désir, ou encore, la façon dont il reprend à plusieurs reprises une contestation de l’« arbitraire du signe » initiée par Pichon, et en des termes très proches de celui-ci, mais dans un débat où Benveniste est le principal protagoniste.
•  4) Un point particulièrement intriguant concerne la façon dont J. Lacan fait jouer la notion d’acte par rapport au signifiant. Alors même que la notion d’acte rejoint nettement, dans ses formulations, celle d’énonciation dès le milieu des années 1960, pour culminer dans la distinction dire/dit dans les années 1970, J. Lacan s’est toujours refusé à la subordonner aux présupposés empirisants de la philosophie analytique. Ceci constituera une différence frappante par rapport aux courants constructivistes qui culmineront chez Butler (sous l’influence de Foucault et Derrida). Un point particulièrement significatif pourrait être la façon dont J. Lacan fait travailler différents aspects de l’irreprésentabilité du sexuel dans sa notion d’acte, là où, pour les constructivistes, la « performance » tend au contraire à fonder le « genre ».
•  5) D’une façon générale, les rapports entre les différents « types cliniques » et l’énonciation ne nous semble aucunement réglée, alors même que J. Lacan a, à plusieurs reprises, suggéré que la seconde pourrait constituer une solution aux difficultés soulevées par les premiers (notamment dans ses appréciations de la notion de « nom de qualité » soutenue par Milner. Nous nous tournerons donc vers la clinique pour tenter d’esquisser quelques solutions.



Bibliographie

•  Damourette & Pichon E. : Des mots à la pensée, essai de Grammaire de la langue française, éd. d’Atrey, Paris, 1911-1940
•  Pichon E. : Le développement psychique de l’enfant, Masson et Cie, Paris, 1953
•  Pichon E. & Borel-Maisonny S. : Le bégaiement : sa nature et son traitement, Masson 1936

Références

•  Sauvagnat F. (2003a) : “Fatherhood and naming in J Lacan’s works”, in The symptom, Online Journal for Lacan.com.
http://lacan.com/fathernamef.htm - 2003.
•  Sauvagnat F. (2003) : “On the Lacanian Treatment of Psychotics: Historical Background and Future Prospects”, Psychoanalytic Review (New York), 90 (3), October 2003: 303-328.
•  Sauvagnat F. (y otros) (2004a) : Fundamentos de psicopatologia psicoanalitica [The Foundations of psychoanalytic psychopathology, in Spanish], Madrid, ed. Sintesis, 790 p.
•  Sauvagnat F. (2005b) : “Body structure in autistic and psychotic children”, in Helena de Preester & Veroniek Knockaert (eds.) Body image and body schema, John Benjamin Publishing Co, Advances in Consciousness research 62, 2005, p. 153-172.
•  Sauvagnat F. (2005c) : « Hallucinations psychotiques et énonciation », in La voix, dans et hors la cure, Nº thématique, revue Psychologie clinique, nº19, 2005, p. 93-125.
•  Sauvagnat F. (2005d) : « Biologisation du langage et arbitraire du signe », in Assoun P.-L. et Zafiropoulos M. (dir), Psychanalyse et sciences sociales : universalité et historicité, Éd. Anthropos, p. 203-228.
•  Sauvagnat F. (2007) : « Remarques sur les rapports entre J. Lacan et N. Chomsky » [Remarks on the relationship between J. Lacan & N. Chomsky], in Revue Internationale Langage et Inconscient, nº3, janvier 2007, p. 102-120.
•  Sauvagnat F. (2006e) : “Recent challenges for psychoanalytic therapies”, in Thalassa, Pszichoanalizis-tarsadalom-kultura, (17) 2006, 60:31-38.
•  Valette Mathieu, 2006 : Linguistiques énonciatives et cognitives françaises. Gustave Guillaume, Bernard Pottier, Maurice Toussaint, Antoine Culioli, Paris : Champion.





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Dernière modification October 13, 2009, at 12:55 AM