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Psychanalyse / Science politique, Droit 2010-2011 | Séminaire "Psychanalyse, philosophie et criminologie : La fabrique du délinquant"

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Maryan BENMANSOUR, Laurent CAILLARD, F.-R. DUPOND MUZART, Georges LITWAK et Chantal TALAGRAND — 2010-2011

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Dans le cadre du séminaire, MERCREDI 21 JANVIER 2009 : Débat animé par René Major, avec Patrick Arapian, Philippe Petit, Serge Portelli sur LA DANGEROSITÉ, “leitmotiv d’une politique de la peur”
Voir les informations détaillées

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PRÉPARATIONS POUR LE DÉBAT :
— Ouverture, par Chantal Talagrand —
Article par F.-R. Dupond Muzart, 20 p., notes b.d.p. & dizaines de liens (pdf) :
La Dangerosité dans les textes récents relatifs à la rétention de sûreté et à la surveillance de sûreté

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— PSYCHANALYSE, PHILOSOPHIE ET CRIMINOLOGIE :
LA FABRIQUE DU DÉLINQUANT

E.N.S. – 45, rue d’Ulm – Paris 5e

2011 : les jeudis 3 mars, 7 avril et 19 mai

20h30 à 22h30 — Salle INFO 5 / Immeuble RATAUD
L’on assiste au séminaire sans inscription ni frais.

Comment nommer, qualifier et analyser l’énigmatique question de la délinquance. Pour ceux qui tiennent à la qualifier, elle se définit par rapport à une norme. Mais la délinquance est par essence plurielle et s’institue d’abord par un discours.
Mais qui manie le discours ?
Michel Foucault écrivait, dans sa Préface au livre de Bruce Jackson, Leurs prisons. Autobiographies de prisonniers américains, que « pour rendre collectivement acceptable ce rapport de pouvoir qu’est la loi, il faut que soit entretenu avec soin, et organisé comme un danger permanent, l’illégalisme de la délinquance. Le théâtre police-délinquance, qui occupe une si large place dans tout ce qui se lit et se voit depuis le XIXe siècle, est l’un des compléments du suffrage universel. ». Dans La fabrique de l’homme occidental, Pierre Legendre rappelait qu’il fallait à l’homme une raison de vivre : « Occidentaux industrialistes, nous avons inventé le bruit incessant, les montagnes d’objets, la présence totalitaire du plein… La raison de vivre, l’homme l’apprend par les emblèmes, les images, les miroirs. Qui manie le Miroir tient l’homme à sa merci !  ».
Mais qui manie aujourd’hui le miroir qui renvoie l’image du délinquant ?
Délinquance est en fait le nom par lequel se soutiennent des pratiques et des contrôles, le nom sur lequel se rencontrent différentes strates du pouvoir et du savoir. Et c’est à ce nom que l’État sécuritaire, en quête de légitimité, déclare la guerre. Les délinquants seraient donc des ennemis de l’intérieur, par nature rebelles à l’État, qu’une volonté souveraine suffisamment énergique permettrait de vaincre.
Le discours sur la délinquance produit bien des leurres, mais il s’applique aussi à des corps qu’il identifie, fragmente, isole et classe en produisant et reproduisant des destins. Et c’est bien à une production que nous assistons, à une véritable fabrique dont les rouages sont pourtant sous nos yeux même s’ils nous aveuglent parfois.
Faut-il réduire l’acte délinquant à son statut juridique et/ou pathologique ? Faut-il se contenter d’expliquer l’un par l’autre ? Faut-il n’y voir que des facteurs sociologiques ? Toutes ces explications de la délinquance, qui ne cessent de se dire et de se répéter, n’auraient-elles pas pour principal effet d’exhiber une nature délinquante et de classer les délinquants en espèce ?
Penser la fabrique de la délinquance, c’est refuser le mythe de la délinquance, c’est considérer que l’acte délinquant a un sens que sous-tendent espoir et attente et que, de fait, il est politique. C’est donc aussi penser que l’acte délinquant peut ne pas avoir lieu. Penser la fabrique de la délinquance, c’est penser le politique.
Comment produit-on la délinquance mais aussi comment est-elle utilisée en retour par des politiques sécuritaires et quel sens peut prendre l’acte délictueux pour son auteur mais aussi pour la société, voilà quelques unes des nombreuses questions qui seront appréhendées d’un point de vue psychanalytique mais aussi sociologique et politique.


Quelques pistes bibliographiques pour le séminaire

  • Michel Foucault, Surveiller et punir , Gallimard, 1975.
  • Michel Foucault, « Il faut défendre la société ». Cours au Collège de France, 1976.
  • Bruce Jackson, Leurs prisons. Autobiographies de prisonniers américains, Paris, 1975, préface de Michel Foucault.
  • Pierre Legendre, La fabrique de l’homme occidental, Arte Editions, 1996.
  • Marcel Czermak, Délinquance, Journal Français de Psychiatrie.
  • Nazir Hamad, « Les banlieues et la question de la violence », La Revue lacanienne nº 7.
  • Laurent Mucchielli, « Vers une criminologie d’État en France ?  », Politix, vol. 23.
  • Sous la direction de F. Marty, Le jeune délinquant, Payot, Paris, 2002.
  • Sous la direction de L. Mucchielli, La frénésie sécuritaire, La Découverte, Paris, 2008.
  • Judith Revel, Qui a peur de la banlieue ? Montrouge, Bayard, 2008.

Bibliographie et travaux, par F.-R. Dupond Muzart
Sommaire de textes « … Toujours sous le regard du droit » : documentation.



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Dernière modification January 28, 2011, at 11:29 AM