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IHEP et Société psychanalytique de Tours : JOURNÉES DE TOURS 2007 | 2006 | 2005

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Les Journées psychanalytiques de Tours, 2007
• Colloque 17 & 18 novembre
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ou page ci-dessous pour l’année 2007 et l’archive 2006 et 2005

 

LA SOCIÉTÉ PSYCHANALYTIQUE DE TOURS

et

L’INSTITUT DES HAUTES ÉTUDES EN PSYCHANALYSE

 

JOURNÉES DE TOURS 2007

   

Le Primat du Phallus

dans son rapport

à la tradition philosophique

   

 

17 & 18 Novembre 2007

 

Le Primat du Phallus dans son rapport à la tradition philosophique

 
Dans ses développements théoriques et cliniques sur la question de la différence des sexes, la psychanalyse rend visible « une énorme et vieille racine » de la tradition philosophique désignée communément par primat du phallus. Dès l’introduction de l’article de Freud consacré aux théories sexuelles infantiles, l’avertissement sonne de manière évidente : « … les informations dont l’auteur va faire état portent principalement sur un seul sexe, à savoir le sexe masculin… », tout comme il sera par ailleurs affirmé dans les écrits freudiens que «  la libido est régulièrement de nature masculine ». Lacan, quant à lui, ne pourra faire autrement dans  son retour à Freud, en introduisant dans le séminaire sur la lettre volée le concept de « castration-vérité » et de la « castration comme vérité », comme signifié — premier et dernier— d’un signifiant transcendantal nommé le phallus. Ainsi ne vient-il nullement contredire les affirmations premières de Freud. Il y fera même référence explicitement : « Rappelons où Freud le déroule (le nœud de la division du sujet) : sur ce manque du  pénis de la mère où se révèle la nature du phallus. ».
Dans son commentaire de ce séminaire de Lacan, Derrida aborde de manière très générale la question du primat du phallus : « On pourrait être tenté de dire : Freud, comme ceux qui le suivent, ne fait que décrire la nécessité du phallogocentrisme, expliquer ses effets aussi évidents que massifs. Le phallogocentrisme n’est ni un accident ni une faute  spéculative… c’est une énorme et vieille racine dont il faut aussi rendre compte. » Comment en rendons-nous compte quand cette spéculation  descriptive devient « partie prenante » dans la pratique et lorsque cette pratique institue la tradition de sa vérité ?  Ceci pourrait être notre première question.

Derrida reprendra cette question par une lecture  des textes de Lévinas auxquels il consacre de nombreux commentaires. Il y explique et développe cette « logique illogique » du primat du phallus, ayant pour conséquence une « secondarité » du féminin qui, en elle-même, viendrait hanter l’altérité du « tout autre » (sexuellement non marquée) depuis son retranchement, inscrivant en lui une altérité supplémentaire à la fois excessive et absolue. Cette innommable singularité « aura obligé » l’inscription de la féminité comme seconde. La notion du féminin, chez Lévinas, ne se réfère pas, en effet, à l’inconnaissable, mais à un mode qui consiste à se dérober à la lumière, une fuite devant la lumière, une façon d’exister qui est de se cacher  comme dans le sentiment éprouvé de la pudeur. « Tout comme pour la mort, ce n’est pas à un existant que nous avons à faire, mais à l’événement de l’altérité, à l’aliénation. »

La suite de notre recherche concernera donc cette question et nous tenterons de voir en quoi cette approche de la sexualité chez Lévinas pourrait se rapprocher par certains aspects de la démarche analytique : c’est le cas lorsque Lacan tente de fonder le primat du phallus dans un temps logique, à un niveau qui ne serait pas encore sexuel, dans un rapport neutre du sujet au signifiant. Le primat du phallus, en se conformant dans ces descriptions à la tradition, ferait apparaître une donnée qui reste normalement cachée, un secret bien gardé par la pensée métaphysique, une altérité méconnue et enfermée, non dite, dans une logique de la crypte, de l’incorporation freudienne que Derrida a largement développée. Comme l’écrit Michael Turnheim : «  s’il y a méconnaissance de l’altérité, le dire du tout autre se trouve, malgré lui, du côté du même, mais d’un même dont nous savons maintenant qu’il est habité par une crypte, c’est-à-dire par une inclusion non avouée, clandestine » ou comme le dit Derrida : « Comment marquer au masculin cela même qu’on dit antérieur ou encore étranger à la différence sexuelle » ?

Nous tenterons tout au long de ces journées de saisir les effets d’un tel questionnement, aussi bien au niveau théorique  que clinique.

 

 


DÉROULEMENT des JOURNÉES 2007

 

 

 

Samedi 17 Novembre


9h : Accueil des participants

9h45 : Ouverture des journées

 

 

·         10H – 12H : Michael TURNHEIM

        Exerçant la Psychanalyse à Paris, médecin Psychiatre

« Phallus-mort-travail »

 

Discutant : Jean COOREN – Exerçant la Psychanalyse à Lille, médecin Psychiatre

 

 

·         14H – 16H : Stéphane HABIB – Exerçant la Psychanalyse à Paris,

        membre de l’école de Psychanalyse des forums des Champ Lacanien, Docteur en Philosophie

« La chance d’une rencontre manquée :
Lacan Lévinas et inversement »

 

Discutant : Roland MEYER – Exerçant la Psychanalyse à Paris, membre de l’école de Psychanalyse Sigmund Freud

 

 

·         16H30 – 18H30 : Joseph COHEN – Docteur en Philosophie,

        Professeur Invité de Philosophie et d’Esthétique à l’Université de Karlsruhe (Allemagne),

        Directeur de programme au Collège International de Philosophie (Paris)

« Histoire philosophique d’une coupure :
phallo-logo-centrisme et circoncision »

 

Discutant : Francis CAPRON – Exerçant la Psychanalyse à Tours, membre de la Société Psychanalytique de Tours

 

 

19h : Cocktail de bienvenue

 

Dimanche 18 Novembre

 

 

·        10H – 12H : Jacqueline ROUSSEAU-DUJARDIN – Exerçant la Psychanalyse à Paris,

        membre de la Société Internationale d’Histoire de la Psychiatrie et de la Psychanalyse, médecin Psychiatre

« Freud et la sexualité féminine :
intention et tradition »

 

Discutante : Anne Marie PICARD-DRILLIEN 

Professeur de Littérature française et de Psychanalyse à l’Université américaine (Paris)

 

 

·        14H – 16H : Françoise GOROG 

        Exerçant la Psychanalyse à Paris, Chef de clinique à l’hôpital Ste Anne

« Le primat du phallus
et ses avatars chez Lacan »

 

Discutant : Jean Jacques MARTIN : enseigne la philosophie ;
a animé pendant de nombreuses années l’ÉPIC (École de Psychiatrie Institutionnelle de la Chesnaie)

 

 

 

Présidents de séance : Claire Candela, Franck Guttières, Maryse Guichard-Le Bleiz, Alain Paulay

Membres de la Société Psychanalytique de Tours

 

 

 

 


Inscription aux Journées de Tours 2007

Voir page :

http://www.lasocietepsychanalytiquedetours.net/journees.php  

 

Adresse postale :

Société Psychanalytique de Tours

1 Square des Mignardières

37510 Ballan Miré

 

Les Journées de Tours seront filmées et un DVD sortira en janvier de l’année suivante.
Les actes sortiront en novembre 2008.


 

 


JOURNÉES DE TOURS 2006

  18 & 19 novembre 2006

  « LA FOI EXPECTANTE »

 

Cette expression freudienne "gläubige Erwartung" inscrite dans l’article de 1905 De la psychothérapie n’est pas sans ambiguïtés. Mise entre guillemets dans le texte original, elle semble suspendue à une difficulté et peut-être une impossibilité de traduction. L’expression "foi expectante", retenue dans la traduction française, semble une équivoque qui permet à Sarah Kofman de questionner la pratique psychanalytique comme pouvant être une forme moderne du mysticisme. Si "die Erwartung" signifie bien "l’attente", "l’espérance" ou "l’expectative", l’emploi de "Glaübe" sous sa forme adjectivée (gläubige) ne semble pas permettre de traduire littéralement l’expression "gläubige Erwartung" par "foi expectante". Freud en parle à propos de la suggestion utilisée par les méthodes médicales primitives : « … on commençait par mettre le malade en état de foi expectante… ». Il ne serait donc pas question ici de foi, mais de croyance, d’une « attente crédule », d’une « expectative croyante », disposition psychique caractérisant celle du patient faisant sa demande et à laquelle, comme le souligne Freud, il n’a nulle intention de renoncer.

Freud affirme, dans le même article, que la psychanalyse, loin de répondre à une telle demande, se propose de la régler, de la contrôler en y introduisant davantage de rationalité et d’efficacité. S’il ne rejette pas la psychothérapie, s’il affirme même au passage que nous en «  faisons usage sans le vouloir », il montre d’ores et déjà la différence radicale qui sépare la psychothérapie de l’exercice de la psychanalyse. Peut-on dire, comme l’argumentera Lacan, dans son Discours aux catholiques, que Freud se conduit alors comme "un grossier matérialiste" ? À la "croyance crédule" ou "expectante", le maître de Vienne répond par le savoir de la science, de sa nouvelle science qui raisonnablement viendra prendre la relève du leurre "de la course des lévriers". Le transfert, cette "matière explosive", prendra la relève de la suggestion et de l’influence qu’elle continue d’avoir dans les psychothérapies. L’analyste, tel un chimiste, se verra confier le soin d’en entendre les résonances, d’en constater et d’interpréter ses manifestations, d’en être le destinataire sans en répondre personnellement. Ainsi serait née l’exigence de l’analyse de l’analyste. Ainsi, à la tentation de la "croyance", Freud répond par la tentation du savoir. Freud croit au savoir, donne crédit au savoir, à un savoir qui dans sa fiabilité ne se distingue guère plus d’un acte de foi. Derrida n’écrira-t-il pas que le recours au savoir est la tentation même …en un sens un peu plus singulier que celle du péché originel : « La tentation de savoir, la tentation du savoir, c’est croire savoir non seulement ce que l’on sait (ce qui ne serait pas trop grave), mais ce qu’est le savoir, et qu’il s’est affranchi, structurellement, du croire ou de la foi ».

La psychanalyse serait-elle alors "la réponse" à cette demande quasi religieuse, à cette "attente croyante" du patient ? Si oui, comment y répond-elle ? En quels termes responsables ? Au nom de quelle vérité ? Au nom de quelle raison-vérité ? Nous pourrions donc nous interroger pour savoir comment, dans un premier temps, la psychanalyse s’oppose au religieux ou à la religion, et surtout à la religiosité, ne serait-ce que par sa filiation aux Lumières, et comment dans un second temps – celui-ci raisonné – elle semble spontanément composer avec le religieux ; religion et raison ayant la même source. À moins, bien sûr, que la psychanalyse ne veuille répondre devant personne, ni même devant la raison psychanalytique, des actes qu’elle pose ? Se dire psychanalyste se soutiendrait alors uniquement de l’aporie de son exercice : dans ce cas alors, et seulement dans ce cas, l’expression freudienne "gläubige Erwartung" resterait intraduisible, resterait elle-même en attente, dans "l’expectative".

 

 

LISTE DES INTERVENANTS

 

Jean COOREN : exerçant la psychanalyse à Lille
« À propos du transfert et de cette foi qui en soutient l’écriture »


Anne BOURGAIN : Maître de conférence des Universités, exerçant la psychanalyse à Amiens

« Il était une fois la langue »


Jean Luc NANCY : Philosophe – avec René MAJOR comme interlocuteur

« De la croyance »


Jacqueline ROUSSEAU DUJARDIN : exerçant la psychanalyse à Paris

« La Gläubige Erwartung freudienne, un aspect de la conquête psychanalytique… »


Jacques NASSIF

ancien membre de l’école freudienne de Paris, exerçant la psychanalyse à Paris et à Barcelone

« L’attente, l’oubli…de la voix »


Alain PAULAY : Médecin Psychiatre, exerçant la psychanalyse à Tours

« Du sujet tel qu’il apparaît dans l’énonciation des croyances »


German ARCE ROSS :exerçant la psychanalyse à Paris

« Du deuil anticipé au désir incarné »

 

Les actes des Journées de Tours 2006
seront disponibles à partir du 17 novembre 2007

Le DVD est disponible — voir la rubrique publications :
http://www.lasocietepsychanalytiquedetours.net/publications.php




 


JOURNÉES DE TOURS 2005

 19 & 20 novembre 2005

Depuis Lacan,

quelle direction pour la cure ?



Ce questionnement était déjà actuel dans les années 1960, date à laquelle Jacques Lacan publiait dans les  Écrits, sous la reliure du « Séminaire sur “La lettre volée” », « La direction de la cure et les principes de son pouvoir ». Le ton de Lacan était résolument polémique, le style et la forme de son discours augurant de quelque bouleversement dans la littérature analytique. L’adversaire déclaré était alors l’héritière de la lettre freudienne, Marie Bonaparte, soupçonnée de détournement, pour promouvoir un retour à Freud de la lettre dérobée. « Prendre son désir à la lettre » s’instituait en titre du dernier chapitre du texte sur « La direction de la cure », impératif se révélant indissociable d’une logique du signifiant et d’une « science de la lettre » qui élaboraient une théorie du sujet et définissaient une nouvelle donne dans la théorie du transfert.
Peu d’analyses sont venues nourrir le débat réel que soulevait le discours de Lacan. Une lecture attentive de ces textes, indissociables les uns des autres, fut faite par quelques philosophes dont Jacques Derrida qui remarquait que ce nouveau discours, trouvant ses fondements dans l’idéalité du signifiant et de la vérité comme dévoilement, était d’un classicisme extrême tout en reconnaissant certaines avancées dans la lecture analytique des textes littéraires. Autant dire que cette oeuvre théorique ne faisait que réitérer le geste classique de la métaphysique occidentale. Peu de psychanalystes, à l’époque, ont entendu dans le questionnement derridien l’ouverture d’un débat qui impliquait de nombreuses conséquences cliniques, théoriques et institutionnelles pour la psychanalyse. On fit corps et masse autour du nom de Lacan pour préserver de toute atteinte l’intégrité d’une pratique doctrinale qui ne cessait de faire des adeptes. C’était l’heure de gloire de l’École freudienne.

Qu’en est-il maintenant, vingt-cinq ans après la mort de Lacan ? Est-il temps de relancer ce débat qui n’eut pas lieu ? Les prises de position de l’ensemble des institutions postlacaniennes concernant la réglementation du statut de psychothérapeute ne démontrent-elles pas l’opportunité de penser cette maladie auto-immune dont paraît bien souffrir la psychanalyse ? La plupart des psychanalystes ont-ils oublié la teneur et les potentialités d’un débat qui pouvait porter la psychanalyse au-delà des espérances d’un Freud, sceptique sur la survie de son nom ou souhaitant que celui-ci s’efface pour sauvegarder la pratique psychanalytique comme ultime résistance individuelle et collective à l’oppression totalisante ? Peut-être l’heure est-elle venue de rouvrir un débat pouvant faire revivre la pensée psychanalytique et qui traverse cet autre débat qu’engagea Lacan avec les philosophes. À tenter de le rouvrir, peut-être nous apercevrons-nous qu’il engage au-delà des concepts philosophiques une direction, un sens à la cure psychanalytique qui manque aujourd’hui cruellement à sa place. Il s’agira bien ici de refaire le chemin, de retrouver la trace des frayages de ceux qui, avant nous, en ont ouvert la voie.

Nous ne remercierons jamais assez les auteurs de cet ouvrage collectif pour l’excellence de leurs travaux et pour le soin qu’ils mirent à la réalisation de cette publication. Nos remerciements vont aussi à Jean-Paul Abribat pour son amicale participation aux Journées de Tours 2005.

 

Francis Capron,

président de la Société psychanalytique de Tours

 

LISTE DES INTERVENANTS

 

Francis HOFSTEIN :

« Aujourd’hui et naguère ou la lettre égarée »

 

Michael TURNHEIM :

« L’œuvre de Derrida et la pratique psychanalytique »

 

Thierry BEAUJIN :

« Avant toute direction, la raison d’être ? »

 

Pierre GINESY :

« Du phlegethon aux lumières, brève histoire d’un court-circuit hydroélectrique »

 

René MAJOR :

« Depuis Lacan, une autre conception de la « cure » »

 

Chantal TALAGRAND :

« De la métaphore à l’oxymore, ou d’une lettre à l’autre »

 

Francis CAPRON :

« La garde de la lettre fait-elle résistance à l’exercice de la psychanalyse ? »

 

Jean  Paul ABRIBAT :

« De la pastorale analytique et de l’anti psychanalyse »

 

Franz KALTENBECK :

« D’une rencontre manquée : raisons, symptômes, ressorts »

 

Les actes des Journées de Tours 2005 ainsi que le DVD sont disponibles
voir :
http://editionsapropos.free.fr/
http://www.lasocietepsychanalytiquedetours.net/publications.php






Voir les rubriques publications :
http://editionsapropos.free.fr/
http://www.lasocietepsychanalytiquedetours.net/publications.php

  • Les Journées de Tours 2007 seront filmées et un DVD sortira en janvier de l’année suivante.
    Les actes sortiront en novembre 2008.
  • Les actes des Journées de Tours 2006 seront disponibles à partir du 17 novembre 2007.
    Le DVD est disponible.
  • Les actes des Journées de Tours 2005 ainsi que le DVD sont disponibles.



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Dernière modification September 21, 2008, at 06:03 AM