IHEP logotype
Plan du site 
Index ª

Informations techniques
sur l’édition :

FIREFOXWin, Mac, Linux
N.B. : Seul le navigateur Firefox permet de visualiser correctement quels liens internes à une page ont été déjà visités.

ihep [ad] ihep.fr ¦ [ad] : @



ª : ouverture de lien en
« nouvelle fenêtre »


Site : « PmWiki »
pmwiki-2.1.27


edit SideBar

...
..
.

Activités / Colloques 2007-2008 | Université Montpellier III Paul Valéry - IHEP, 25 et 26 janvier 2008

Retour à : Liste des colloques


Université Montpellier 3 Paul Valéry - IHEP
Vendredi 25 et samedi 26 janvier 2008

  • Renseignements : marie-noelle.diochon [ad] univ-montp3.fr ¦ [ad] : @
    04 67 14 58 60 (répondeur)

— COLLOQUE CRISE DE LA CROYANCE ET COMMUNAUTÉ


Colloque du Département de Psychanalyse

de l’Université Paul-Valéry Montpellier III - 25 et 26 janvier 2008


Lieu : Faculté de théologie de Montpellier (Salle des Actes), 45 av. Villeneuve d’Angoulème

Accès voiture : parking / Tram : ligne 2, arrêt Nouveau Saint Roch


Crise de la croyance et communauté



Freud met le concept de croyance au principe de la vie psychique en tant que fondement tout à la fois de la santé mentale de l’individu et de la vie sociale (il définit a contrario la folie comme incroyance, à savoir l’incapacité de croire à la réalité des autres qui nourrit alors une croyance privée : le délire). La croyance au monde partagé avec les autres est la condition fondamentale de la vie psychique de l’être humain qui trouve sa première effectuation dans la participation de l’intéressé aux valeurs, aux idéaux et aux activités de la communauté familiale, villageoise, urbaine, nationale, religieuse à laquelle il appartient. Ce phénomène vital peut être altéré selon deux modalités qui avaient été repérées par Levi-Strauss quand il avait déterminé que les mythes qui relataient la fin du monde se partageaient en deux catégories selon qu’ils référaient ce désastre à un processus d’épuisement ou d’embrasement. Le modèle de l’épuisement est marqué par un délitement du système des croyances qui cimentait la communauté culturelle, nationale, religieuse, etc. On parle quelquefois de crises des idéaux et des valeurs, alors qu’en réalité il s’agit d’une crise dans la croyance aux idéaux et aux valeurs des pères que les fils ont été incapables de revivifier (ou renouveler par de nouvelles valeurs). À rebours, l’univers des croyances peut être ravagé par un embrasement qui fait flamber les croyances impossibles à interroger, les transforme en certitudes et constitue la communauté en masse pétrifiée.


Si la croyance, référée étymologiquement à la créance, constitue une dette commune fondatrice de toute société humaine, il est nécessaire d’en saisir la portée, d’en analyser les crises actuelles et ses effets sur les formes de la communauté. C’est ce que l’on se propose ici de mettre à l’étude, à partir des champs de la psychanalyse et de la philosophie, notamment en interrogeant l’héritage des monothéismes.

Vendredi 25 janvier 2008

9h30 Accueil et introduction par Henri Rey-Flaud (Université Montpellier III)

10h00  Fethi Benslama (Université Paris VII)

Communauté et terreur

11h00 Bernard Salignon (Université Montpellier III)

L’incroyance

12h00 Pause déjeuner

14h00 Mario Cifali (directeur de « Le Bloc-Notes de la psychanalyse », Genève)

De quelques croyances, détour par l’Inde multi-raciale

15h00 Jean-Daniel Causse (Université Montpellier III)

Le christianisme et le principe d’indétermination communautaire

16h00  Pause

16h30 Charles Alunni (École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, Paris)

De l'état totalitaire. Entre croyance et communauté

17h30 René Major (Institut des Hautes Études en psychanalyse, Paris)

Croyance en la communauté et communauté de croyance

Samedi 26 janvier 2008

9h30 Table ronde sur croyance et communauté : introduction et présidence par Chantal Talagrand (psychanalyste) et Jean-Bernard Paturet (Université Montpellier III)

Clôture du colloque par Henri Rey-Flaud


Renseignements : tél. 04 67 14 58 60 (répondeur)
marie-noelle.diochon [ad] univ-montp3.fr ¦ [ad] : @



La question de la vie en commun dans le cadre de la République est une question qui mobilise les responsables politiques partagés entre assimilation et communautarisme. Le présent projet entend renouveler cette question à partir de la prise en compte du sujet de l’inconscient.

Le point de départ de notre entreprise sera le concept de croyance que Freud met au principe de la vie psychique en tant que fondement tout à la fois de la santé mentale de l’individu et de la vie sociale (il définit a contrario la folie comme incroyance, à savoir l’incapacité de croire à la réalité des autres qui nourrit alors une croyance privée : le délire). Avant Freud, Molière dans Don Juan avait soulevé la même question en présentant, à travers le figure du « grand seigneur méchant homme », l’impossibilité de vivre sans croyances partagées. Face à Sganarelle soutenant qu’« il faut croire quelque chose dans le monde », ce personnage trahit qu’il est beaucoup plus croyant que son valet ainsi que le montre sa relation directe et privilégiée au Ciel. De la conjonction de Molière et de Freud, il ressort que la croyance, en tant qu’elle est d’abord croyance au monde partagé avec les autres, est la condition fondamentale de la vie psychique de l’homme qui trouve sa première effectuation dans la participation de l’intéressé aux valeurs, aux idéaux et aux activités de la communauté familiale, villageoise, urbaine, nationale, religieuse à laquelle il appartient. Ce phénomène vital peut être altéré selon deux modalités qui avaient été repérées par Levi-Strauss quand il avait déterminé que les mythes qui relataient la fin du monde se partageaient en deux catégories selon qu’ils référaient ce désastre à un processus d’épuisement ou d’embrasement, soit ceux de la « terre gaste », mis en scène par Chrétien de Troyes ou Eliot, ou ceux de la peste abattue sur la Cité relatée au début d’Œdipe-Roi.

Selon ce principe, la fin des croyances par épuisement est illustrée par la destinée du mélancolique (incarnée dans celle du Werther de Goethe) pour qui le monde extérieur s’est vidé de toute consistance et finalement de toute réalité, en conséquence de quoi il ne reste plus comme issue au héros que de sortir par le suicide d’un monde, d’où l’a déjà exclu la défaillance de son système de croyances. Sur ce modèle, les moments mortels de crise éprouvés par les civilisations (dont elles sont quelquefois conscientes, ainsi que l’écrivait Valéry) sont marqués par un délitement du système des croyances qui cimentait la communauté culturelle, nationale, religieuse, etc. Dans le Haut Moyen Âge on appelait « acédie » la maladie exprimée à travers des crises de foi qui frappait en épidémie les monastères où les clercs brutalement ne trouvaient plus de raison aux vœux qui les avaient engagés dans la vie monastique. À la suite de quoi, ces malheureux abandonnaient leur cloîtres et s’enfuyaient hagards et solitaires dans les forêts loin de leur communauté. On parle quelquefois de crises des idéaux et des valeurs, alors qu’en réalité il s’agit d’une crise dans la croyance aux idéaux et aux valeurs des pères que les fils ont été incapables de revivifier (ou renouveler par de nouvelles valeurs).

À rebours, l’univers des croyances peut être ravagé par un embrasement qui fait flamber les croyances impossibles à interroger, les transforme en certitudes et constitue la communauté en masse pétrifiée. Les épopées obscures du nazisme et du communisme soviétique ainsi que le phénomène contemporain de l’intégrisme illustrent ce second destin fatal des croyances. Quand les croyances deviennent certitudes, les communautés se figent et deviennent des sectes si le phénomène se joue à une échelle réduite et des masses quand le phénomène affecte tout un peuple ou plusieurs peuples (ou parties de peuples). Dans ces cas-là, les valeurs et les idéaux moraux sont remplacés par des dictats absolus prononcés par le gourou ou chef. La masse devient alors compacte dans la reprise des slogans auxquels elle adhère sans distance. L’histoire démontre que ces moments d’incendie des croyances se terminent toujours par des catastrophes qui anéantissent ceux-là mêmes qui avaient mis le feu.



Category.Feed-public
Category.Seminaires-2007-2008

Éditerª - Historiqueª - Imprimerª - Changements récentsª - Chercher
Dernière modification October 12, 2009, at 09:44 PM